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FAVORISER LE RETOUR A DOMICILE
LES CENTRES DE TRAITEMENTS ET DE READAPTATION
1. Un peu d'histoire
2. Les patients
3. Soins et traitements
4. Philosophie
5. Label CTR et certification
1. UN PEU D'HISTOIRE
Rétrospective
Suite à la découverte des antibiotiques, des médicaments efficaces contre la tuberculose apparaissent dans les années cinquante. Il en résulte la fermeture progressive des sanatoriums. Aussi, trois pavillons vaudois de plaine, Chamblon, la Côte et Mottex deviennent-ils peu à peu des établissements gériatriques. Ils accueillent des patients en convalescence ainsi que des patients chroniques pour des séjours de longue durée.
La croissance de l'espérance de vie qui caractérise notre époque a conduit progressivement à modifier les établissements médico-sociaux (EMS). Les hôpitaux en soins généraux ont hébergé de plus en plus de patients âgés. Dans l'incapacité de retourner vivre chez eux, ils y sont restés en attendant de pouvoir entrer dans un EMS.
Une stratégie nouvelle
Devant cette situation, les responsables du système de santé vaudois ont élaboré une stratégie nouvelle. Elle a pour objectif de maintenir le plus longtemps et dans les meilleures conditions possibles les personnes âgée à leur domicile. La mise en œuvre de cette stratégie a nécessité:
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la création d'un réseau de soins à domicile dense et efficace
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la constitution d'une structure hospitalière "intermédiaire" entre les hôpitaux en soins généraux, d'une part, et les services de soins à domicile ainsi que les médecins libres praticiens, d'autre part.
Ces établissements doivent pouvoir prendre en charge des patients suite à une maladie ou à un accident. Ils vont y recevoir, au cours de séjours en général de durées moyennes, les traitements et les soins nécessaires pour recouvrer un maximum d'autonomie. L'objectif final est de les aider à retrouver la capacité de reprendre une vie normale à domicile.
Favoriser le retour et le maintien à domicile constitue un avantage économique certain pour l'ensemble du système de santé. Réadapter ces patients dans des établissements spécialisés en est un autre. Les coûts journaliers y sont, en effet, moins élevés que dans les hôpitaux en soins généraux. Cela provient de l'absence de moyens techniques lourds - tels scanners ou salles d'opération par exemple - ainsi que d'un personnel plus restreint.
La naissance des Centres de traitements et de réadaptation (CTR)
Dès les grandes lignes de cette philosophie tracées, les directeurs, les médecins-chefs et les infirmiers-chefs responsables de ces hôpitaux se rencontrent régulièrement. Dans ce contexte, ces établissements amorcent une reconversion qui va faire d'eux les premiers Centres de traitements et de réadaptation vaudois. Peu après ce groupe est rejoint par la Fondation Rive-Neuve, une unité dispensant des soins palliatifs et des soins terminaux à des personnes atteintes, pour la plupart, de cancers.
En 1989, ces efforts reçoivent une reconnaissance officielle, puisque la nouvelle Convention vaudoise d'hospitalisation qui entre en vigueur prévoit un statut particulier pour la réadaptation et les soins palliatifs. Depuis, plusieurs autres établissements sont venus agrandir le groupe, Fondation Plein-Soleil - Lausanne, Hôpital d'Orbe, Clinique Miremont - Leysin, Sylvana - Epalinges, Hôpital d’Aubonne, Hôpital de Lavaux Cully, ou sont sur le point d'y adhérer.
2. LES PATIENTS
Profil et provenance
Les patients des Centres de traitements et de réadaptation sont, le plus souvent, d'un âge avancé. On y traite cependant aussi des adultes jeunes ou dans la force de l'âge. C'est plus particulièrement le cas à Rive-Neuve (cancers) et à Plein-Soleil (scléroses en plaques). La plupart de ces patients proviennent d'un hôpital en soins généraux. Leur état de santé n'étant pas stabilisé, voire encore en phase aiguë, ils nécessitent un traitement de réadaptation; d'autant plus que l'évolution vers un âge avancé entraîne fréquemment des affections multiples.
D'autres patients sont adressés par leur médecin aux Centres de traitements et de réadaptation directement de leur domicile.
3. SOINS ET TRAITEMENTS
Objectifs
Les soins de traitements proposés dans les Centres de traitements et de réadaptation ont pour objectif permanent d'accélérer ou de rendre possible un retour à domicile. Il s'agit d'entreprendre des mesures permettant au patient de récupérer des fonctions atteintes par une maladie ou un accident, ou de l'aider à s'adapter à la fonction non récupérée. On y dispense également des soins palliatifs qui visent entre autres à soulager la douleur. On y privilégie une qualité d'accompagnement aux personnes en fin de vie qui bénéficient de soins de confort.
La plupart de ces établissements disposent d'une Unité d'accueil temporaire(UAT). Elle a pour mission d'accueillir des personnes qui ont besoin d'un soutien. Vivant à domicile, elles peuvent venir y passer une ou plusieurs journées par semaine, éventuellement une nuit. L'UAT est également conçue pour soulager l'entourage ainsi que pour dispenser des soins qui permettent d'éviter ou de retarder une hospitalisation ou un hébergement.
Interdisciplinarité
L'approche qui préside à la définition du processus thérapeutique d'une réadaptation est, par essence même, interdisciplinaire. Elle résulte du travail de l'équipe formée par les médecins, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciennes, assistantes sociales, neuropsychologues, animateurs et aumôniers du même établissement. La conjugaison de leurs connaissances et de leurs qualifications professionnelles, de même que leur collaboration coordonnée sont indispensables pour aider un patient à retrouver un maximum d'autonomie.
Cette interdisciplinarité implique que les informations nécessaires à chaque profession soient recueillies auprès du patient dès son arrivée, éventuellement auprès de ses proches pour améliorer la coordination entre intervenants.
L'équipe se réunit ensuite en colloque interdisciplinaire pour :
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établir le projet thérapeutique et ses objectifs, réunis dans un dossier unique
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fixer, d'entente avec le patient, son programme personnalisé de traitements
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réexaminer, lors de séances hebdomadaires, l'ensemble du projet thérapeutique interdisciplinaire au vu de l'évolution de l'état du patient et de ses progrès. Cela permet d'en affiner, voire d'en corriger les objectifs.
4. PHILOSOPHIE
Le patient-partenaire
Chaque patient, quel que soit son âge ou son état de santé, a de nombreuses ressources qui lui permettent de faire des choix, de prendre des décisions et des initiatives, de réaliser tout ou partie des gestes de la vie de tous les jours. Aussi, le personnel le considère-t-il comme un réel partenaire dont on reconnaît les capacités physiques, psychiques et intellectuelles. Cela lui donne l'occasion de reprendre progressivement la maîtrise de sa propre situation.
Les droits du patient sont respectés. Il a droit d'accéder à son dossier, d'être informé sur son état, d'accepter ou de refuser un traitement ou de quitter un établissement. La transparence est de rigueur. Le patient est au centre du processus qui conduit à la définition de son programme de traitements et de soins. Il est associé à l'évolution de son état de santé. Sa participation active accroît les chances de succès et accélère le processus de réadaptation. Une telle approche est essentielle pour les patients en réadaptation, l'objectif étant de leur faire récupérer un maximum d'indépendance afin d'atteindre l'autonomie permettant leur retour à domicile. Il va sans dire qu'une participation active accroît les chances de succès, voire accélère le processus de réadaptation. Ce partenariat a aussi sa raison d'être pour les malades recevant des soins palliatifs. Les patients en fin de vie, entourés des leurs, sont soutenus et accompagnés dans la dignité et le respect.
Environnement
Tout ce qui participe à la qualité de vie d'un hôpital favorise l'évolution vers la reprise d'une vie indépendante à domicile. Dès lors, les Centres de traitements et de réadaptation privilégient :
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l'intégration de la famille et de l'entourage; cela implique notamment que les heures de visites sont libres et que l'établissement offre des possibilités d'hébergement
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la dimension spirituelle; chaque établissement bénéficie de la visite régulière d'aumôniers et dispose d'un lieu de recueillement
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la convivialité; grâce à des salons, bibliothèque, salle à manger, cafétéria
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la valorisation des temps libres en favorisant les activités intellectuelles, créatives ou physiques
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la qualité des repas servis aux heures usuelles ainsi que des régimes
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les prestations telles que coiffure et soins esthétiques l'architecture, la décoration et les aménagements adaptés aux divers handicaps et favorisant une ambiance agréable
5. LABEL CTR ET CERTIFICATION
Qualité
La mission des Centres de traitements et de réadaptation est exigeante. A titre d'exemples :
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les traitements, les soins et les résultats doivent répondre à des critères permettant l'évaluation de leur qualité et de leur efficacité
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les membres de l'équipe interdisciplinaire doivent posséder d'excellentes qualifications professionnelles et être capables de collaborer en bonne coordination. Ils se forment en permanence afin de maîtriser les attitudes, les technologies et les méthodes nouvelles de soins.
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les examens complémentaires simples sont effectués dans l'hôpital. Les examens plus complexes le sont dans le cadre du réseau sanitaire vaudois
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le personnel soignant est impérativement composé d'au moins pour la moitié d'infirmières et pour l'autre d'infirmières-assistantes
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les conditions d'accueil et d'environnement, le respect de la personnalité et les relations de partenariat doivent procurer aux patients la meilleure qualité de vie possible.
Certification
Au début des années 90, en collaboration avec le Service de la santé publique du canton de Vaud, les CTR ont créé un Conseil d’accréditation et élaboré un référentiel de normes de qualité. Sur la base de ce référentiel, une première institution sera certifiée en 1995, la validité de certification étant de trois ans.
De son côté le Conseil d’accréditation prendra de l’indépendance et donnera naissance en 1997 à l’Agence pour la promotion et la certification de la qualité dans les institutions sanitaires, APEQ . Depuis lors, l’APEQ a développé des référentiels spécifiques aux différents domaines du système de santé. Ainsi, l’ APEQ contribue à donner une forme concrète aux dispositions légales fixées dans l’article 58 de la LAMal.
A ce jour plusieurs CTR sont certifiés APEQ ou sont en voie de l’être.
Groupe et label CTR
Un groupe de travail comprenant les directeurs, les médecins-chefs et les infirmiers-chefs des Centres de traitements et de réadaptation se réunit très régulièrement pour :
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assurer une recherche de qualité aussi élevée que possible
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inciter les membres à un projet de formation permanente
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collaborer à des travaux de recherches
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échanger des expériences et développer une politique professionnelle et institutionnelle commune
Ces Centres de traitements et de réadaptation ont crée un logotype. Il est la signature exclusive des établissements qui adhèrent au document "label CTR" et participent aux travaux qui lui sont associés.
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